19/04/08
Emploi des seniors: de la coupe aux lèvres, il reste un abîme...
Une enquête exhaustive sur l'emploi des seniors a été réalisée par l'ANPE Rhône-Alpes fin 2007.
Cette étude a porté sur une centaine d'entreprise de toutes tailles (- de 10 salariés à + de 500) de la région, dans les secteurs de l'industrie, des services, du commerce et du BTP. L'ensemble représentait plus de 70 000 salariés dont près de 14 000 ont plus de 50 ans.
Les principales conclusions qui s'en dégagent confirment le chemin qu'il reste à parcourir pour arriver à retrouver une employabilité raisonnable des seniors dans les entreprises françaises.
Premier constat: seules 46% des entreprises déclarent prévoir une augmentation de leurs effectifs à court terme. Cette frilosité relative reste liée au contexte morose de l'économie (forte diminution des effectifs dans l’industrie, désaffection des filières techniques par les jeunes, départs massifs à la retraite).
Deuxième obstacle: seulement 27% des entreprises déclarent avoir mis en place une réflexion ou des actions spécifiques aux seniors.
Et pourtant, 62% des entreprises interrogées reconnaissent des difficultés à recruter les profils jugés "trop rares sur le marché du travail" et 47% prévoient une pénurie de main d'oeuvre dans l'avenir.
Alors, quel est le problème ?
Si elles reconnaissent majoritairement les compétences et les atouts des seniors (expertise, autonomie, maturité), elles restent convaincues que "l'âge rime avec difficulté d’adaptation, démotivation ou encore immobilisme".
De plus, et malgré qu'il soit admis par tous que le rapport productivité /salaire ne diminue pas avec l'âge, "les prétentions salariales reste le frein à l’embauche des seniors le plus souvent cité".
C'est dans les "fonctions d'encadrement, les missions de conseil ou projets transversaux et la formation interne ou tutorat" qu'elles pensent que les seniors devraient être en priorité orientés.
En ce qui concerne la coopération intergénérationnelle, elle est "souvent perçue comme un outil efficace mais difficile à mettre en oeuvre" à cause "de tension et source de conflits entre les intèrêts des plus jeunes et les aspirations des plus anciens".
Dans les faits, peu d’entreprises gèrent les carrières sur un plan individuel (25%) ou en prenant en compte le facteur âge (6%) et seulement 3% d'entre elles disent proposer des formations spécifiques des seniors.
Globalement, les entreprises restent persuadées que les seniors sont contents de quitter le monde professionnel (67%) et que c'est à leur propre initiative qu'ils choisissent lde partir (quand cela est possible!) en préretraite (35%).
Finalement, il y a encore loin de la coupe aux lèvres car, si l’entreprise a le sentiment que les salariés seniors veulent partir, les salariés seniors pensent, eux, que l’entreprise les juge obsolètes et dépassés…
Lire l'étude complète de l'ANPE Rhône-Alpes...
Commentaires
Broyés par l'hypocrisie
Boroyé par l'hypocrisie d'un "SES" (système économique et social) qui, ancré sur la sélectivité de prétendu-es meilleur-es, n'a pour autre objectif d'éliminer les "trop ceci" ou "pas assez cela" ou encore plus simplement : "de trop" .
Ainsi, virés avant et depuis les 50 ans, tant des emplois que de l'indemnisation du chômage, on nous exclu d'une retraite comme les autres qui préservés du chômage non indemnisé sont en retraite depuis les 57 ans.
Sans nous accorder les équivalences "retraite" des périodes de chômage non indemnisé, ce "SES" pour privilégier les Uns en retraite, anéantit ses sexa-chômeurs. www.vieuxauchomage.com
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