29/12/07
En cette fin d'année, espérons...
En cette fin d'année, j'ai souhaité vous offrir, Hurt (Blessure), la plus belle chanson de Johny Cash dans laquelle il parle de l'enfer qu'il a connu, de sa foi en dieu et de sa souffrance après la mort de son épouse.
Voici la traduction (littérale) des dernières paroles:
Si je pouvais recommencer
A un million de milles plus loin
Je me garderais
Je trouverais le chemin
Johny Cash nous a quitté en septembre 2003, 4 mois après June Carter, sa femme...
Meilleurs voeux pour 2008
18/06/07
Comment quelques centaines de voix dans une élection locale mettent en difficulté la politique environnementale de la France...
François Fillon l'avait clairement indiqué avant les législatives: "La logique, c'est que quand on est battu, ça veut dire qu'on n'a pas le soutien du peuple et qu'on ne peut pas rester au gouvernement".
Alain Juppé, battu à Bordeaux, est le seul membre du gouvernement à faire les frais de cette règle édictée un peu trop trop rapidement par le 1er ministre.
Et c'est regrettable...
D'abord, parce que le Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables est aujourd'hui d'une importance vitale pour notre avenir et que les premières concertations qu'Alain Juppé a lancées vont dans le sens souhaité par tous.
Ensuite, parce que l'"exil canadien" de ce dernier lui avait fait prendre conscience de l'impérieuse nécessité d'une véritable politique nationale et internationale de l'écologie et que son envergure politique incontestable en faisait le titulaire le plus crédible à ce poste.
Enfin, parce que sa défaite va aussi bouleverser, inutilement, la composition du prochain gouvernement Fillon. Car comme Michèle Delaunay, tombeuse du ministre candidat député,l'a déclaré, en souhaitant que celui-ci reste ministre: "J'ai dit avant les élections que je regrettais qu'il ( François Fillon ) fasse peser cette pression sur le scrutin législatif, ce n'était pas l'enjeu. Et je dis la même chose après le scrutin".
Maintenant, comment remplacer Alain Juppé ? Comment va évoluer ce Ministère essentiel ?
Et que de temps et d'énergie perdues alors que nous n'en disposons déjà que trop peu !
Quel dommage, surtout, de se priver d'une réelle compétence pour une simple élection locale perdue.
29/04/07
L'échec de la gauche antilibérale
Sylvia Zappi, journaliste au "Monde" est chargée de la gauche du PS.
"Ils en étaient convaincus. Le "non de gauche", lors du référendum du 29 mai 2005, à la Constitution européenne préfigurait une recomposition à gauche"...
Erreur fatale!
"Car c'est toute sa construction politique de départ (celle de la gauche!) qui s'est révélée fausse : le non au référendum du 29 mai 2005 n'était pas un "non de gauche", mais un "non à gauche"
L'échec de la gauche antilibérale, par Sylvia Zappi
LE MONDE | 28.04.07
06/07/06
Impressions en bleu...
Ca y est, les Bleus sont en finale de la coupe du monde de football 2006. Quoiqu'il advienne maintenant l'équipe nationale aura largement dépassé ses objectifs. Et avant l'euphorie de ce dernier match contre l'Italie, que retenir de cette compétition ?
Etrange ambiance qui a fait passer, pendant un mois, au second plan les problèmes de société, les ambitions présidentielles des uns et des autres, les affaires pas trés claires, les risques écologiques ou nucléaires et les drames de la faim et de la misère dans le monde. Mais pas de sentiment de culpabilité à avoir. Cela fait trop de bien d'avoir pu se vider l'esprit pendant quelques semaines !
Une fois de plus, le peuple français a apporté une réponse éclatante aux xénophobes, racistes et intolérants de tous poils: notre pays est "black, blanc, beur" et c'est ce qui fait la richesse de notre culture et notre volonté d'avancer malgré les obstacles. Les Bleus, ne seraient-ils pas le reflet de la nation: être critiqués, malmenés, souvent proches de la chute mais puisant toujours dans la cohésion d'une équipe et dans sa solidarité la force de se redresser et enfin de vaincre.
Sur un plan purement sportif, la compétition s'est avérée passionnante de bout en bout et, il faut l'avouer humblement, peu nombreux étaient ceux d'entre nous qui avaient pronostiqué la France en finale. Seul, l'entraîneur Raymond Domenech le répetait à l'envi: "l'objectif, c'est la finale". Et il a su prouver qu'en alliant l'expérience des anciens (les vieux! ), le charisme d'un Zidane et la jeunesse d'un Ribery, la réussite était au bout du chemin. Nos dirigeants, qui ont su trés opportunément sauter dans le train en marche, et nos chefs d'entreprises, timorés et obnubilés par leurs bénéfices et leurs stock-options, ont pris là une vrai leçon de management.
Sur le plan arbitral, la qualité était aussi au rendez-vous malgré quelques excès ( 16 cartons jaunes et 4 rouges dans un seul match!) et quelques erreurs ( le but refusé à la France alors que le ballon avait franchi la ligne). Il faut reconnaître qu'il est plus facile de s'en rendre compte quand on dispose d'un ralenti sous plusieurs angles confortablement installé devant sa télé.
D'un point de vue commentaires télévisuels, un coup de chapeau à Thierry Roland qui a promis de faire le tours de l'Obélisque nu en cas de victoire finale, à Franck Leboeuf pour sa gouaille (cf sa réflexion sur "la femme tout en plastique de Beckham...), à Thierry Gilardi pour son enthousiasme et son optimisme communicatifs, mais pour qui il est temps que la compétition s'achève, vu ses traits fatigués (nombreuses 3èmes mi-temps?). Seul Jean Michel Larqué aura été un peu décevant par les doutes qu'il a trop souvent laissés apparaître sur les capacités des Bleus.
En tous cas, ce fut une belle et grande coupe du monde.
Et maintenant, place à l'épilogue de dimanche prochain qui nous promet encore de belles émotions.
Un grand merçi à Zizou et à sa bande et vive la devise des BLeus !!
"On vit ensemble, on meurt ensemble"
07/06/06
La double peine des seniors
Edito trouvé sur Cadr'Emploi.fr, daté du 24 octobre 2005, mais, ô combien, toujours d'actualité...
Les seniors qui ont l’avenir derrière eux, on croyait connaître. Comme tout le monde, on se révoltait sur les difficultés d’accès à l’emploi des quinquas. Et puis on est tombé sur le dernier numéro du mensuel "Liaisons Sociales" qui, ce mois-ci, affiche plein pot et en couverture : "Plombés à 45 ans".
On feuillette et on se prend quelques phrases dans la figure : «le marché de l’emploi se ferme comme une huître lorsqu’on a passé 45 ans». «Après 40 ans, on ne serait plus capable de changer». «90% des offres d’emploi ciblent les 25-40 ans.». On apprend, en vrac, que passé quarante ans, on est trop cher et pas assez docile et que ce que l’on reprochait hier aux quinquas, on l’applique aujourd’hui à leurs cadets.
Après la lecture de ce dossier, on se tourne vers un miroir pour bien vérifier qu’aucun cheveu blanc ne dépasse de notre crinière ou l’on se jette sur le téléphone pour remercier notre maman d’avoir eu des enfants sur le tard.
C’est qu’une fois soufflées les quarante bougies, mieux vaut se tapir dans un coin de son bureau et se faire oublier en attendant le pot de retraite et la canne à pêche cadeau qui va avec. Car d’ici là, il faut faire une croix sur les promotions, les augmentations, la formation et, bien sûr, en cas de licenciement, il ne faut pas espérer décrocher un nouveau boulot.
Hormis les jobs précaires, point de salut. Ah si, tout de même : les quadras sont de bons clients pour la reconversion totale, la création d’entreprise, la belle vie de free lance ou de consultant.
Mais comme l’affirme un expert cité par le magazine : «Si la quarantaine est un bon moment pour opérer un virage dans une vie active, c’est aussi la dernière occasion». En gros, on est libre de faire tout ce qu’on veut, mais il est absolument interdit de se planter. Si les nouveaux entrepreneurs quadras ont quelque chose qui les gratte au sommet du crâne, ce n’est rien, juste une épée de Damoclès.
Mais un drame peut en cacher un autre. C’est qu’en recomptant les années de travail de nos quadras en quarantaine, on n’arrive pas au compte. En supposant que nos suppliciés ont fait quelques études, les voilà au boulot à 25 ans. S’ils se font licencier pour leur 45ème anniversaire, ils n’auront travaillé, et cotisé, en tout et pour tout, que vingt petites années.
Mais alors, les quadras licenciés seront non seulement sans travail, mais ils n’auront même pas l’espérance de toucher un jour leur retraite pleine et entière ? C’est ce qu’on appelle une double peine.
01/05/06
Après les caricatures, le dessin animé
Après la réaction des intégristes musulmans aux caricatures de Mahomet il y a quelques semaines, voici celle des bien-pensants catholiques à la diffusion, en Allemagne, de Popetown, un dessin animé satirique sur l'Eglise catholique et le Vatican.
Une publicité dans un magazine TV montrant une croix vide et un Jésus avec sa couronne d'épines et ses plaies sanglantes, qui rigole, assis dans un fauteuil, devant son poste de télévision, a déclenché l'ire de l'Union chrétienne-sociale (CSU) au parlement régional de la catholique Bavière. Jeudi, l'archevêché de Munich a réaffirmé qu'il ferait tout pour empêcher la diffusion du dessin animé.
Produit pour la chaîne britannique BBC, sa diffusion en Grande-Bretagne avait dû être annulée après de nombreuses protestations.
Deux poids, deux mesures ! Alors que la publication des caricatures de Mahomet avait donné lieu à une levée de boucliers pour défendre la liberté d'opinion des journalistes, c'est bien à une tentative de censure à laquelle on assiste en Allemagne sous prétexte d'iirévérence envers les catholiques.
Les croyants musulmans, auraient-ils droits à moins de respect que les croyants catholiques ?
Certes non; la liberté de culte, quelque soit la religion, est un droit reconnu à ceux qui croient. Mais l'Allemagne, comme l'Angleterre ou la France ont fait le choix de la laïcité et il est donc normal que l'on puisse critiquer même de façon satirique la religion comme la politique.
En réagissant ainsi, l'église catholique ne fait qu'accentuer le sentiment que les religions, quelqu'elles soient, sont l'image même de l'intolérance et d'une vision étriquée de la société.
Si l'islam intégriste déchire actuellement le monde, il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps l'Irlande a été le théatre d'une lutte sanglante entre catholiques et protestants, qu'en Israël l'extrémisme juif considère qu'un bon palestinien est un palestinien mort, et qu'il y a quelques siècles l'Inquisition a été responsable de milliers d'éxécutions.
Jacques Prévert disait que " dans chaque église, il y a toujours quelquechose qui cloche". Cet obscurantisme moderne des religions, ne serait-il pas un des cancers qui rongent le monde aujourd'hui ?
En tous cas, le démiurge de Platon, s'il nous observe, ne doit pas reconnaître ce qu'il a créé.
19/04/06
L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours qui a tué...la brebis
Sujet particulièrement d'actualité en ce week-end pascal qui a vu le sacrifice de milliers d'agneaux sur la table de nos compatriotes, un des derniers ours, encore en vie dans les Pyrennées françaises, aurait tué 5 brebis en quelques jours et, horreur, il aurait commis ces "crimes" à quelques mètres d'habitations, sans pour autant qu'il y ait eu un témoin direct de ces agressions.
Attitude discrète et naturelle au sortir de l'hiver de la part d'un plantigrade dont l'alimentation est faite, rappelons le, de 70% de végétaux et de seulement 30% de viande.
Etrange coïncidence cependant que ces "attaques sauvages" à quelques jours de la réintroduction de 5 ours venus de Slovénie qu'une partie des éleveurs d'ovins de la région combat fermement.
Le 1er avril, de 200 à 300 personnes, dont plusieurs élus locaux, avaient violemment manifesté, à l'appel de l'Aspap, pour dénoncer l'introduction de nouveaux plantigrades à Arbas (Haute-Garonne), l'une des quatre communes volontaires. Ils y avaient saccagé la mairie et brûlé la sculpture de l’ours trônant sur la place.
Une semaine plus tard, les partisans de l'ours organisaient un pique-nique pacifique au même endroit, à l'appel de l'association Adet-Pays de l'ours (Association pour le développement durable des Pyrénées) qui, elle, a su, depuis 1996, abordé intelligemment le sujet.
Car sur le fond, c'est un mauvais procés que l'on tente de faire à l'ours, comme au loup d'ailleurs, en voulant conserver à toutes forces des troupeaux d'ovins de plusieurs milliers de têtes, alors qu'en Espagne, toute proche, ces troupeaux ne dépassent pas 400 têtes et que des bergers les surveillent en permanence au lieu de les lâcher sans surveillance sur les estives.
Et puis, il faut savoir ce que nous voulons: vivre en accord avec une nature épanouie en acceptant de partager des espaces avec elle ou éliminer toutes les espèces animales "génantes" et rester seuls dans un monde agonisant.
Pour en savoir plus: Ferus
10/04/06
Victoire à la Pirus
Le CPE n'est pas abrogé, il est simplement remplaçé.
Bon, cela revient au même, me direz vous! Peut-être pas tout à fait, juridiquement parlant si on en juge par l'analyse qu'en fait Eolas dans son blog Journal d'un avocat.
Mais le fait est là. Que reste t-il de cette gabegie de temps, d'énergie et d'espoir ?
Un fort sentiment de gâchis, un goût amer comme celui que l'on ressent après une victoire qui ressemble à une défaite.
Des étudiants et lycéens, sans doute sincères pour la plupart, manipulés par des syndicats en mal de reconnaissance et plus enclins à défendre des intèrêts corporatistes, récupérés aussi par un parti socialiste sans projet et dont le seul credo était : abrogation, abrogation, abrogation...
Des étudiants et lycéens, encore, qui vont peut-être rater leurs examens ou concours aprés un deuxième trimestre passé dans la rue.
Des jeunes sans emploi que l'on n'a pas beaucoup vus dans les manifestations parce que trop occupés à rechercher désespérément leur premier travail.
Des entreprises qui renoncent à embaucher parce que la souplesse qu'elles attendaient du CPE n'existera pas.
Un gouvernement affaibli qui n'a pas su obtenir l'adhésion de ceux à qui s'adresser le CPE.
Une France dont l'influence en Europe, déjà mise à mal par le rejet de la constitution européenne en mai dernier, s'est encore affaiblie.
Quelle victoire !!
Alors qu'il aurait suffi d'essayer et de voir ce que cela aurait donné dans quelques mois...
A moins que cette crise ne recouvre le malaise bien plus profond d'une société malade de ses inégalités, de ses 2 millions de chômeurs officiels, de ses 5 millions de pauvres, de son manque de logements, de ces milliers de famille jetées à la rue parce que dans l'impossibilité de payer leurs loyers ou de ces milliers d'autres privées, tout l'hiver, de chauffage par EDF alors que le droit à l'énergie est aujourd'hui un fait, ou encore de ces 67 millions de repas servis cet hiver par les Restos du Coeur aux plus nécessiteux d'entre nous.
C'est sûr qu'un peu de souplesse dans l'emploi pour tenter d'améliorer cela, c'était trop demander !
"Triste et désabusé, je suis ce soir" aurait sans doute dit le Jedi.
Moi aussi...
29/03/06
Les joueurs de flûte...
L'édito de Pascal Aubert pour la Tribune.fr
Encore une fois des centaines de milliers de Français, jeunes et moins jeunes, vont descendre dans les rues des grandes villes de France au son des joueurs de flûte syndicaux et politiques. Encore une fois, ces centaines de milliers de Français sincèrement convaincus de la justesse de leur combat contre la précarité ne se rendent pas compte que les joueurs de flûte les conduisent à la noyade. L'ignorance des lois de l'économie n'explique pas tout. On flaire aussi, hélas, des relents de basse cuisine chez certains chefs politiques et syndicaux confrontés à des échéances personnelles décisives. Car depuis quelques semaines, on voit bien que, si les manifestants s'époumonent à reprendre en choeur les slogans anti-CPE -en proférant au passage d'énormes contre-vérités qui attestent de leur faible connaissance du dispositif proposé-, l'objectif
principal des organisateurs de défilés n'est plus le chômage des jeunes mais de faire plier un chef de gouvernement qui a commis l'outrage suprême, celui de ne pas les avoir traité avec les égards qu'ils estiment leur être dûs. Ainsi la France doit-elle d'être mise sens dessus dessous à une blessure d'amour propre. Car demain, la tête de Villepin le téméraire peut bien rouler dans la sciure avec son CPE et les adversaires du Premier ministre en tirer matière à gloriole personnelle, rien ne sera résolu. Surtout pas la question du chômage des jeunes. Or, si imparfait soit-il, si maladroite qu'ait été l'attitude du Premier ministre, ce CPE mal ficelé a au moins un mérite, celui d'exister. Et une "qualité", celle d'être perfectible. En face, les propositions alternatives sont rares et rarement sérieuses. Et lorsqu'elles existent, elles se parent des atours trompeurs mais séduisants auprès de l'opinion d'une omnipotence de l'argent public qui appartient au passé. Ou bien on s'extasie sur la "flexécurité" à la danoise érigée ici et là en modèle à cloner. Malheureusement on en regarde les avantages sans s'attarder sur le contrat social fort qui en est le corollaire. Lequel n'est transposable en France qu'en rêve. Alors libre à nous de continuer à nous regarder le nombril, mais prenons conscience que le monde autour de nous ne va pas s'arrêter de tourner. Et que faute de fluidité suffisante du marché du travail, les emplois de demain ne se crééront pas en France mais ailleurs.